Détournement de Haïku

C’était le moment, il fallait s’arrêter, faire le point, regarder autour et derrière et devant. Ouvrir les yeux. Et Ô surprise mais est-ce une surprise, c’est pire que ce qu’on imaginait, c’est parti dans toutes les directions sauf celles promises, ça nous apprendra à faire confiance. Maintenant on est débordés, y’a plus que la chimio. À moins que.

ça va mal et on en profite pour préparer pire.

Cour de récré, aquarium et ferme aquatique. Petits poissons, requins.Tanches, morues. Pieuvre. La nature ne nous apprend plus rien, on a tout reproduit, en pire.

Dans le 12ème arrondissement de cette mégapole, il y avait des problèmes normaux et récurents, et des problèmes spécifiques, comme raser le stade Léo Lagrange. Et finalement on s’est aperçus que cette municipalité mène une attaque globale qui vise à la destruction de tous les squares, stades et coins de nature autour de et dans Paris. Bizarre, et pourquoi ? Elle annonce la construction de logements sociaux, donc personne ne dira rien. Sauf quelques uns qui se regroupent en associations, qui pensent que le type de construction n’a rien à voir avec l’emplacement. Que ce soit pour construire des supermarchés, des cinémas ou n’importe quoi, on peut le faire ailleurs qu’en détruisant des stades. Le résonnement des responsables est simple. « Comme ce qui appartient à tout le monde n’appartient à personne, aucune difficulté pour nous l’approprier. Un peuple gavé de télé, de hamburgers, abêti à l’école, conditionné de bien pensance à deux balles et de publicités subliminales est bien à l’abri de comprendre ce qu’on est en train de faire« .

Nul besoin de sortir de polytechnique pour savoir qu’il y a toujours des solutions moins stupides que raser les stades et qu’aucun prétexte ne justifie de faire n’importe quoi.

Donc qu’est-ce qui les motive ? En fait l’apparente et incroyable bienveillance miséricordieuse toute bêtasse de niaiserie des « élites » (étymologiquement rien à voir avec zèle -> faux amis) révèle qu’elles sont les premières (auto)victimes de la destruction de la merveilleuse machine éducative dans les années 60 . Ni intelligence, ni complot, juste la triste réalité que ceux qui connaissent le système préfèrent en tirer profit tel quel quitte à le détruire à terme plutôt que travailler pour l’améliorer et en profiter moins personnellement.  L’histoire n’est faite que de calcul, de combinaisons, d’improbable, et surtout de lâcheté. Les ongulés bêlants n’ont pas d’imagination, sinon ils auraient développé un langage plutôt que de se taire. Ils n’ont que peur et tremblent. Bêtes moutons qui n’ont même pas compris que l’union fait la force, par leur silence coupable artisans du cauchemar, qui rampent devant les loups, mouillant leur laine, espérant survivre. « J’arrose, pensant pouvoir vivre encore* ».

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*Haïku de Toshiko Tonomura

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