Enquête publique, projet municipal, mécontentement

Une réunion d’information s’est tenue mercredi 30 novembre 2016, à mi chemin de la clôture de la deuxième enquête publique. Si la municipalité avait pour but d’injecter une dose de somnifère, c’est raté.

ifsll_petit-zoom-plan-bercy-charenton-sur-affiche-enquete-publique-nov-2016_detourage-immeubles

Il est moche, leur projet

Question d’un participant :
« Est-ce vraiment plié ou pas ?« 
Réponse de Madame Baratti-Elbaz, maire du 12ème :
« Je ne sais pas quoi dire… »
Monsieur Missika temporise :
« Ça va évoluer… Ça va continuer à évoluer… »
Un amical footballeur (membre du bureau de la Camilienne ?) assure que tous les footballeurs sont contents. Quelqu’un dans la salle lui demande combien la Camilienne a touché de subvention –la réunion était enregistrée–, confusion dans la salle. Surtout que ayant recueilli quelques 500 signatures pour sa pétition écrite, dont une bonne partie sur le stade, IFSLL peut assurer que de nombreux sportifs ne sont pas dupes, et opposés au projet de démantèlement du stade. 500 autres signatures sur la pétition en ligne. C’est peu, mais une signature représente parfois un couple, une famille. Et quand on imagine le nombre de gens qui ne sont pas au courant…

Personne n’était satisfait du projet municipal. On a entendu rire et applaudir aux propos de Madame la maire du 12ème. On a entendu gronder. On a entendu glapir. Les choses ont été dites, parfois avec passion. Normal. On ne peut pas jouer avec les éléments fondamentaux, or le stade les rassemble tous. Ne touchez pas à la terre, ne touchez pas à l’eau, ne touchez pas à l’air, ne touchez pas au feu, arrêtez de casser la vie des citoyens, ces particules que vous méprisez, ces atomes qui échangent et se combinent malgré vous, ces molécules associatives en pleine ébullition, qui se créent et se découvrent, se regroupent en fédérations. Sous la conjonction des forces qui s’organisent et commencent à émettre dans toutes les directions, chacun est désormais conscient que l’histoire du stade Léo Lagrange servira d’exemple repoussoir, que ceux qui l’auront détruit seront éjectés durablement, et que leur souvenir s’inscrira en lettres détestables dans l’histoire de ce pays, avant de trouver bien vite l’oubli sous la  poussière honteuse des étagères pas si surchargées qu’on imagine des archives de l’extrème médiocrité. Chacun fera en sorte, le moment venu, que cela ne puisse se produire près de chez lui. Alors, est-ce vraiment plié ou pas ? Madame Baratti-Elbaz ne mentait pas quand elle ne savait pas quoi répondre. Rien n’est perdu.

Ce soir là, un document assorti d’illustrations gaies et verdoyantes a été distribué. Il est en cours de dissection à IFSLL et on vous livre le résultat bientôt organe par organe, préparez les masques et les cuvettes. Pour une mise en bouche, sachez que dès la page 2 on prend connaissance de l’échéancier :
2018, reconstitution ferro
viaire, déviation de réseaux.
2019, engagement des travaux de prolongement rue Baron-Leroy, et  de renouvellement des équipements sportifs sur le secteur Léo Lagrange
.
Comme nous l’avions prédit c’est bien par le stade Léo Lagrange qu' »ils » avaient décidé de commencer, en prenant soin d’attendre, rusés qu’ils sont, le dernier moment pour étendre leur projet à Léo Lagrange. On ne parle plus de Charenton-le-Pont, qui n’était rien d’autre qu’un grossier leurre, un attrape nigauds. (voir notre infographie) Au final ils diront « on n’a pas d’argent, on s’occupe juste de Léo Lagrange ». IFSLL dit non, non, non, non, non, et se battra jusqu’au bout.

Le Centre sportif Léo Lagrange est déjà très bien tel quel, tout le monde s’y retrouve et le partage, il n’y a jamais eu de problème. Il serait l’exemple parfait de l’outil du « vivre ensemble » que tout le monde devrait s’efforcer de copier, s’il n’avait le défaut d’avoir été créé voilà un demi siècle par des génies visionnaires compétents et pro, le défaut d’être efficace et irremplaçable. De quoi rendre jaloux.

Certaines réalisations naturelles ou artificielles issues du passé fonctionnent à merveille et plus le temps passe, mieux elles fonctionnent (tout comme les vieux arbres qui stockent le carbone dans leurs gros troncs), et ridiculisent les concepts foireux qu’on cherche à nous imposer aujourd’hui. Le stade en est une, et c’est humiliant. Alors, dans le prétexte soudain d’une envie pressante de mise aux normes, l’urgence d’une tribune géante, d’une piscine olympique, d’une patinoire européenne, avec « l’ambition affichée » dévorante de décupler centupler l’offre sportive (au prorata de l’explosion surprise de la densité de population dans le 12ème arrondissement juste au même endroit que là où le stade se trouve comme par hasard, mais comment ils vont faire pour en mettre plus dans moins de place là où on avait déjà suffisamment, – et personne n’a rien demandé–), parcequ’on veut faire mieux, mieux, mieux, mieux, encore mieux, mieux que ceux d’avant et mieux que ceux d’après, on commence par le détruire et planter un quartier à la place.
Orgueil, impuissance, rage. Oh que oui, on va le détruire, ce magnifique stade ô combien humiliant. On va l’oublier. On maquille la méchante intention des mots les plus gentils, énormes, grandioses, gragrandiloquentst ça sonne creux, bête, mensonger, les formules caractéristiques qui se répètent deviennent insupportables, insoutenables, comme des piqûres de méduses. On chante le respect du déjà là, du présent, du passé, du futur, du vivre ensemble, et on ampute 60% de surface pour construire des logements : il y a un problème. En s’attaquant au stade Léo Lagrange, la municipalité sait très bien le mal qu’elle s’apprête à faire.

à gerber

vision cauchemardesque des engins de chantier. Le rouge du sang le dispute à la blancheur de l’innocence mais les grues une fois en action ne font que ce qu’on leur fait faire, question de talent. En occurrence le pire.

C’est annoncé (voir plus haut), début des travaux en 2019, avant la fin du mandat. Mais, pourquoi ? Justement, rien ne presse !  En 2020, qui sera d’accord pour financer la destruction d’un stade qui fonctionne très bien ? Un cadeau empoisonné pour la nouvelle équipe municipale, héritière des dettes colossales de l’équipe précédente : reconstruire un stade là où il y avait déjà un stade ! Il est urgent de ne rien détruire avant 2020 !

En 2020, peut-être avant, la boucle sera bouclée. Retour aux solutions sages envisagées au début du grand Paris, comme quoi les premières idées sont parfois les meilleures. L’évidence, c’est la répartition de la population sur le territoire national, (pas sur le terrain de foot du stade Léo Lagrange). Maillage des sites d’emploi, de l’habitat, des résaux de communication, arc express ils disaient, le grand 8 , puis grand Paris Express…
Évoqué lors de la réunion du 30 novembre, le grand Paris, s’il peine à justifier la construction de tours (on ne parle pas des vraies tours, prestigieuses, qui s’élanceraient à l’assaut du ciel et dont le public serait fier) peut encore moins se permettre d’entasser des barres à l’emplacement d’un stade. On a l’exemple du passé, qu’on paie encore chaque jour dans les banlieues. Et détruire pour les uns pour construire pour les autres ne peut pas marcher, non plus. Alors, pourquoi avoir parlé du grand Paris le mercredi 30 novembre ? La destruction du stade Léo Lagrange (créer la discorde) n’a rien à voir avec le concept du Grand Paris. Le grand Paris c’est un truc d’avenir, un truc de jeunes. Il ne faut plus toucher à rien, il faut arrêter de casser le futur. Et si la mairie demandait vraiment l’avis de la population ? Après tout, il y a tellement de meilleures solutions que de détruire le stadeLéo Lagrange. Juste attendre un peu. L’orgueil est l’ennemi de la raison.

IFSLL

Il arrivera ce qui arrivera

 Retour accueil

Publicités

entrez vos commentaires ci-dessous

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s