Union et réaction

La réunion du 30 novembre a mis en évidence que les raisons de refuser le projet municipal Bercy/Charenton-le-Pont/Léo Lagrange dans sa forme actuelle sont multiples et expliquent la diversité des opposants qui jusqu’à présent se battaient chacun de leur coté, parfois les uns contre les autres. Les choses ont évolué, l’heure n’est plus à la division ni au chacun pour soi, mais à l’union.

  • IFSLL ne veut pas qu’on détruise le stade –la mairie s’entête à nuancer qu’il ne s’agit pas de destruction mais plutôt de… j’ai oublié le terme novlangue de substitution, qu’importe, accordons lui cette coquetterie, la nuance ne changera rien au résultat–. Quel que soit le terme choisi, à un moment donné, on constatera le complet effacement du stade Léo Lagrange actuel et son remplacement par un entassement d’équipements sportifs compactés au bord de la route des fortifications pour installer un ensemble d’immeubles montant à 31 ou 37 mètres, véritable nouveau quartier autonome le long du boulevard Poniatowski en lieu et place du terrain de foot actuel. Ce qui était évident au vu du projet et des maquettes sera confirmé : le stade sera devenu invisible, et privatif. Le nouveau quartier ne sera rien d’autre qu’un coupe gorge à éviter la nuit, comme certains coins de banlieue.

Dans le meilleur des cas, pour les utilisateurs actuels, s’entraîner sur le stade sera devenu compliqué voire dissuasif, puisqu’il y aura beaucoup plus de monde pour pas plus d’équipements, sur beaucoup moins de surface.

Maquettes, dessins, projet : tout est consultable, chacun peut encore se faire son opinion et la partager, débattre, il n’est jamais trop tard pour se réveiller. Pour IFSLL, on est bien en phase (en plus moche, plus « cheap ») avec ce qui a déjà été commis ailleurs, comme par exemple ça et là autour de l’avenue de France : des entassements de tôles criardes, de mauvais goût, comme des bidonvilles neufs prêts à s’envoler à la première tempête de 99 et dont les façades d’un entretien complexe commencent déjà à s’orner des dégradés de moisissure et coulées d’eau de pluie caractéristiques de l’usure du temps (à peine 10 ans !). Baladez vous, regardez.
Il suffira de comparer les photos avant/après et il sera prouvé que tout n’aura été rendu possible qu’en jouant sur les mots, car décrire le projet réel aurait immédiatement déclenché une levée de boucliers. Donc, avant/après. IFSLL dira « on avait raison », la mairie dira qu’elle est fière du résultat. Probablement personne ne dira rien puisque il ne restera personne de cette époque. D’autres auront pris la relève.
« Le cauchemar s’enchaînera à un autre quand, à l’issue inexorable des échéances, il faudra, –quoique l’esprit clair et la tête haute–, au lieu d’avancer, au lieu d’investir dans le futur, réparer les erreurs commises aujourd’hui. Restituer à la jeunesse ce qui lui aura été subtilisé. À partir de cette ruine que sera devenue la capitale en quelques décennies, faire table rase et repenser ce qui aura été dé-pensé, refaire ce qui aura été défait, reconstruire ce qui aura été déconstruit. En fait, pour les successeurs, ce sera le Début. Il y aura de quoi faire et cela va générer des emplois et, pour le coup, rapprocher les gens. Les jeunes prendront les choses en main, ne souhaitant plus laisser faire. »
Fiction ? Que de rêves passés on été étiquetés fiction, avant de devenir l’évidence de notre quotidien. Que de cauchemars, aussi. Concrètement IFSLL demande l’ouverture, afin de ne pas commettre l’irréparable, en préparation des échéances de 2017 et 2020, d’une large information réelle suivie d’une vraie consultation auprès de toute la population concernée.

  • Même problème pour le collectif Baron-Leroy. Préserver un site. Moins fréquenté que les milliers d’utilisateurs du centre sportif Léo Lagrange, mais d’un intérêt égal. Chargé d’histoire, témoin du passé et acteur de son époque. Les différences d’utilisation, de « destin » dans le projet municipal, ont fait que dans cette affaire de destruction massive, chacun avait tendance à défendre qui le stade Léo Lagrange, qui Baron-Leroy, qui l’ensoleillement menacé par les tours de grande hauteur(Monts 14), qui les oiseaux migrateurs(Vivre à Paris-PicpusXIIème) et autres chauves souris ou hérissons, qui le lac daumesnil, le lycée Paul Valéry, Championnet,En fait, tous ces défenseurs, associations et collectifs, mènent un combat commun contre le projet municipal brutal et global, et non divers combats isolés les uns contre les autres. Le combat commun est celui de la protection de la qualité de vie des habitants, humains et animaux, combat  pour la sanctuarisation des ressources précieuses naturelles ou artificielles et historiques, biodiversité autour du stade,  stade Léo Lagrange site populaire depuis 1950 jonction bois de Vincennes/Paris, Baron Leroy lieu de stockage naturel et archive industrielle… Et les autres sites, squares, jardins publics, espaces sportifs menacés, dont certains ont déjà été détruits, que le prétexte relève du grand Paris, de la nécessité de logements, du simple plaisir d’effacer l’ancien, ou sans aucun prétexte.
    Toutes ces associations se rejoignent sur des préoccupations qui les transcendent. Sans même évoquer les falaises de petites tours ventrues le long et à travers des voies ferrées, la barrière que constituerait un nouveau quartier de barres à l’emplacement du stade Léo Lagrange –en plus de transformer le Boulevard Poniatowski en caisse de résonance et réceptacle à pollution automobile et oxyde de carbone–bloquerait l’évacuation des masses d’air chaud en provenance des arrondissements du centre de la capitale. Et la destruction d’une partie de la gare de la Rapée serait responsable d’une importante augmentation de la température de ce qui resterait du site, qui perdrait ses caractéristique réfrigérantes. Et l’ensemble du secteur impacté par le projet municipal perdrait sa biodiversité d’oiseaux migrateurs, petits rongeurs, nocturnes, chauves souris, etc. Même combat, respect du déjà-là, respect du futur, respect de ce-qui-fonctionne-déjà-bien –. Quelle vanité que prétendre améliorer ce qui fonctionne déjà bien. Le mieux est l’ennemi du bien.

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