La période magique où les Bernard l’Hermite changent de coquille

NIMBY * migrateurs

Donc à l’origine, tout va bien. Et puis il y a le projet Charenton-le-Pont/Bercy*, une opération immobilière géante sur un des coins les plus sous utilisés de la capitale. Adieu partage, accueil et vivre ensemble, ou plutôt ok mais pas ici. « Allez donc construire sur le stade Léo Lagrange ». Dont acte.

Le 10 décembre 2014, l’extension du projet Charenton-Le-Pont au secteur Léo Lagrange est officiellement déclarée. Les instigateurs du projet oublient le prétexte originel, adaptent le dossier à la volée et sortent soudain du chapeau magique toute une liste d’arguments appropriés pour construire sur le stade Léo Lagrange, violant ce site public en partie classé qui remplit à merveille sa fonction depuis plus d’un demi siècle.

Il faut (on va) tout détruire, et tout refaire en mieux. Mise aux normes urgente et obligée, déplacer/reconstruire plus grand leur terrain de foot, agrandir leur piste, leur mettre une tribune géante, leur ajouter des salles de sport empilées les unes sur les autres, raser leurs arbres on leur en remettra à la place, leur rajouter des allées et des parking, et oups on allait oublier le vrai but : construire nos bâtiments/logements/services/écoles par dessus tout ça, à la même place. Projet magique.

Aujourd’hui Monsieur Lambda, citoyen de son état, dispose d’assez de recul pour décortiquer le processus sordide. Résultat, dernièrement dans la fraîcheur des urnes il a dit STOP. Tout redevient possible : démocratie magique.

If something works
do not change it

Dernièrement un groupe politisé (c’est son droit) établi au tunnel Baron-Leroy, gare de la Rapée, trouvait embarrassant que IFSLL adhère au collectif ABC et en même temps communique avec Valérie Montandon. IFSLL était un peu gênante pour un dialogue tranquille Baron-Leroy/collectif (?)/mairie (PS) du 12ème. Et pour cause ! Qui dit négociation dit négociation… Or la destruction du stade n’est pas négociable, et ce n’est pas le genre de la maison de détourner l’attaque vers les voisins. On sait par qui l’extension au stade Léo Lagrange a été décidée. Maintenant il faut compter avec IFSLL, l’association qui défend le stade Léo Lagrange (c’est son droit). Et les arguments ne manquent pas. Ajoutez à cela que les associations ou fédérations  environnementales Parisiennes s’appliquent à ne rien faire pour relayer le combat d’IFSLL. IFSLL est apolitique et son objectif altruiste est de protéger une parcelle d’humanité : ça isole.

2017 tient ses promesses. D’ores et déjà on sait qu’on ne va plus dialoguer dans les mêmes conditions, avec les mêmes personnes. Du coup maintenant tout le monde se félicite que Valérie Montandon soit pour l’instant en tête devant Sandrine Mazetier Laeticia Avia. Il semblerait qu’on soit entrés dans la période magique où les Bernard l’Hermite changent de coquille.

Mais pour IFSLL rien ne change. Valérie Montandon défend le stade Léo Lagrange et jusqu’à preuve du contraire elle est la seule. Elle a raison dans toute son argumentation. Cependant, un oubli de taille : le stade Léo Lagrange est pour 60% de sa surface intouchable (45% en site classé et 15% bâtiment historique)
Et cet argument fait du combat d’IFSLL un combat unique : sanctuariser le stade Léo Lagrange en passant les 40% non protégés en site classé.

D’où l’info ci-dessous, transmise par la présidente de l’association IFSLL. à méditer d’urgence.

Attention

Cette information est cruciale. On comprend l’agacement de la présidente d’IFSLL qui se voit contrainte à expliciter qui soutient ou souhaite détruire le stade Léo Lagrange. 375 arbres et des milliers d’utilisateurs toutes générations confondues… Baron Leroy : des locaux transférables et quelques utilisateurs. Pourtant, ces deux sites sont historiques, représentent le lien durable entre passé, présent et avenir, et ne méritent pas d’être sacrifiés à des opérations immobilières. La solution est ailleurs. IFSLL ne cherche pas des arrangements. IFSLL cherche et propose des solutions.

Les défenseurs du Stade Léo Lagrange et les adhérents d’IFSLL sont libres et informés. Ils savent maintenant où sont les soutiens du stade Léo Lagrange. Il n’y a aucun jugement. Même en ce qui concerne les spécialistes des opérations immobilières, que selon leur réputation une seule chose intéresse : construire, vite, très vite. Oui mais surtout, on pourrait construire mieux et pas n’importe où. Ni en détruisant des stades et autres sites historiques. Il y a plein de choses intelligentes à faire et à améliorer un peu partout, et surtout ne pas toucher le stade sera la meilleure façon de transmettre quelque chose qui fonctionne aux générations futures. D’où la citation de début d’article : « If something works, do not change it »

L’actualité récente confirme l’urgence de signaler le projet de destruction du stade Léo Lagrange aux nouveaux responsables de l’avenir. Les convertis suivront.

Hpms
Vice-président IFSLL

*NIMBY : Not In My BackYard.

*PROJET CHARENTON-LE-PONT/BERCY :  Il s’agissait de rapprocher Charenton-le-Pont de Bercy. Faux projet irréalisable financièrement, destiné à faire croire, le temps d’amorcer l’opération immobilière réelle et de la lancer au dernier moment, le plus tard possible, par surprise, afin que les habitants du quartier n’aient pas le temps de réagir. Probablement très coûteux à mettre en place alors on imagine le retour sur investissement. Le truc c’était de dire « ah ben finalement on peut pas (trop cher, pas d’autorisations) alors on va le faire ailleurs (devinez où). » Voir Manipulation en trois passes : itinéraire d’un projet caché


Au fait, vous vous souvenez ? La construction de ce bâtiment a servi de test de faisabilité du projet municipal. Étudier la réaction ou pas des habitants du quartier, d’association. Résultat : encéphalogramme plat. On pouvait lancer le projet d’extension et attaquer le stade sans réveiller personne. Enfin presque. Si quelqu’un voulait faire ça à Central Park, toute la planète crierait au scandale et Paris en premier. Mais ici, on se permet. D’ailleurs IFSLL a fait une simulation, c’était un cadeau de fin d’année 2016 pour tenter de se détendre un peu, en forme de fake news, ce qui permet d’observer et de réfléchir d’une façon décalée : que se passerait-il si… 18 décembre 2016 : Donald s’inspire de….

Et que pensez vous de l’égalité variable ? Un argument plus que jamais d’actualité.


Un projet de destruction absolue*

Le stade Léo Lagrange a pour caractéristique exceptionnelle d’épouser la déclivité naturelle du relief, ce qui fait son charme. Tout fonctionne par paliers, par marches. Vers l’accueil à l’Ouest, les terrains de basket, hand ball, et petit terrain de foot sont plus haut que le grand terrain de foot à l’Est, mais plus bas que les cours de tennis eux même sur deux niveaux, au Sud. Le terrain de pétanque est à mi niveau des terrains de tennis et de foot. D’immenses arbres à l’ombre rafraîchissante, d’âge, de taille et d’essences variées partent en perspective vers le ciel.

Cette vaste ouverture aérienne rappelle que le stade, jonction entre le bois de Vincennes et la ville de Paris, permet d’évacuer les masses d’air chaud en provenance du centre de la capitale, et contribue à la ventilation des arrondissements du sud sud est de Paris. Créer une suite d’immeubles barrant la ventilation actuelle constituerait une erreur écologique sans précédent en favorisant un réchauffement sensible dans la ville. Donc, climatisation et réchauffement en boucle, consommation énergétique, gaspillage de ressources, création d’impôts, taxes et amendes pour financer les retombées et explications inacceptables : « ben, on navet pas pensé« .

La construction d’immeubles sur le stade Léo Lagrange (voir exemple équivalent) aurait un autre effet tout aussi dévastateur : le blocage de la pollution atmosphérique avec ses conséquences en matière de santé.Car il ne faut pas oublier que le quartier est cerné par les voies ferrées, l’échangeur géant , la déchetterie proche, le périphérique et le boulevard Poniatowski. Inutile de faire un dessin.

Idem au niveau des nuisances sonores : en étudiant les simulations sur l’effet caisse de résonance d’une barrière de hauts immeubles qui répercuteraient les bruits de la circulation, pas de problème : la mairie affirme les yeux dans les yeux qu’il n’y aura aucune élévation en terme de décibels. C’est à se demander qui finance les…

De charmantes allées sinueuses et lumineuses en pente douce, des bacs à sable pour les plus petits. l’équipe horticole réussit un rendu naturel agréable et rare, bravo. Il n’y a aucun endroit d’où l’on puisse avoir une vue d’ensemble du site, ce qui donne une sensation d’espace propice à la détente. Jamais aucun problème, aucun dérapage ni accident, pas de surfaces taguées (on ne tague pas ce qui est beau) pas d’affichage sauvage. Ni papiers gras ni reliefs de repas, pas de poubelles abandonnées ou éventrées. Pas de panneaux d’interdictions partout, pas de mobilier urbain moche et criard. Les utilisateurs respectent ce site, les gens se côtoient. De ce stade issu du passé émane une ambiance, quelque chose qui dépasse les formules vides propres aux responsables de notre époque, un sentiment dont la traduction la plus approchante pourrait être libres ensemble.

C’est donc tout cela que la mairie du 12ème s’apprête à détruire. Dernier spasme d’ultime incompétence d’une agonie trop lente. Soit, mais le stade Léo Lagrange ne nous survivra pas. Destruction absolue comme écrit en début de note car ce magnifique terrain arboré est en pente. Au vu du projet et des maquettes, en dehors du style bidonville neuf, pour mettre à niveau sinon ça paraîtrait vraiment top bancal, il va falloir commencer par tout raser niveler pour créer une ou des dalles en escalier. On imagine l’argent gaspillé rien que pour ça. Surtout que le sol n’est pas stable en raison de la proximité d’anciennes carrières de gypse.

Par ailleurs il faut se souvenir que le stade sert à éponger les orages et forts épisodes pluvieux. Une fois bétonné on peut assurer avec certitude des inondations et problèmes d’évacuation d’eau (égouts saturés) de l’angle nord est du stade à la passerelle ferroviaire petite ceinture en passant par les  5, 10, 12 de la rue Claude Decaen, l’endroit le plus bas du quartier.

Mais surtout, avec cette déclivité que la mairie ne va pas manquer de mettre à profit –car les maquettes et vues d’artistes prennent bien garde de ne pas entenir compte–, on s’apercevra qu’on aura été doublement trompés, car les immeubles seront encore plus hauts qu’il semblait.

Bien sûr tout cela coûtera plus cher que prévu. Sans compter les surprises. Mais quand même : détruire du beau pour reconstruire du moche, quel orgueil. Et avec la mairie de Paris qui va profiter du prétexte J.O. 2022 pour chercher à imposer tout ses délires, on peut s’attendre au pire. Il va falloir redoubler de vigilance car tous les voyants sont dans le rouge. L’exemple des pays qui y sont passés le prouve. Catastrophe budgétaires, environnementales, humaines. On n’a pas besoin de ça dans la situation où on se trouve.

En tout cas rien ne justifiera jamais la destruction du stade Léo Lagrange.

HpmS
Vice-président IFSLL

destruction absolue*  N’en déplaise aux puristes, destruction est le mot adapté. Absolue va de soi. D’aucuns tenteront de ruser: on ne va pas détruire mais démanteler, puis remanteler. Pourtant, à un moment, il n’y aura plus rien. Le stade Léo Lagrange aura disparu. Va et vient de camions jaunes pressés, bulldozer brutaux, niveleuses de bas niveau (ça c’est vraiment le terme ad hoc pour décrire l’objectif sociétal de nos chers élus qui leur a valu le dernier résultat qu’on sait), tournoiements vertigineux grues stupides , fourmillement cinématographique des régiments de travailleurs détachés s’appliquant à réaliser le rêve médiocre de responsables pas à la hauteur. Un joli time lapse en perspective mais pour les créations d’emploi, faut pas rêver. Et les places de parking seront toujours plus rares, à part pour les occupants du nouveau quartierconstruit bien sûr. Qui bénéficieront également de la privatisation du stade Léo Lagrange.

Après ça, et si on rêvait un peu ? 

Il arrivera ce qui arrivera

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