Une visite de la gare de la Rapée

Au début, quand nous avons appris la destruction programmée du centre sportif Léo Lagrange, nous avons tout de suite recherché des solutions, d’autres lieux possibles, moins fréquentés et proches. Les immeubles, maisons, hangars sous-utilisés et insalubres à réhabiliter dans le quartier, à eux seuls, offraient une capacité d’accueil égale à celle prévue sur le stade. Mais après une visite des deux niveaux de la gare de la Rapée, il était évident que rien ne justifiait de détruire en priorité Léo Lagrange. Le potentiel et la disponibilité du site défendu par le collectif Baron-Leroy l’emportaient pour accueillir un programme immobilier digne du XXIème siècle. C’était sans compter sur la particularité de la gare de la Rapée.

Il apparaît maintenant que le centre sportif Léo Lagrange et le site de la gare de la Rapée sont tous deux indispensables. Tout comme maintenir en l’état le lac Daumesnil et ne plus couper un arbre, détruire un square, dans la capitale. On remplace une maison ou un quartier insalubres ou sous exploités par des constructions neuves pour notre époque. Voilà la logique.

le centre sportif Léo Lagrange répond de manière satisfaisante aux besoins de la population. Équipements modestes mais variés, agréables, dans un environnement exceptionnel d’arbres vénérables et de végétation marquant le rythme des saisons. Le stade est le prolongement extrême du bois de Vincennes, le lien avec la ville. Il est fréquenté par toutes les générations et il y fait bon vivre. Le détruire est une hérésie, un projet d’inculte, d’irresponsable, qui ne correspond pas au souhait de la population. IFSLL à ce sujet demande l’ouverture, afin de ne pas commettre l’irréparable, en préparation des échéances de 2017 et 2020, d’une large information réelle suivie d’une vraie consultation auprès de toute la population concernée. En toute logique il en ressortira la nécessité de choisir une autre solution que le démentellement. Plusieurs stades, espaces verts ou sites remarquables sont également attaqués par la mairie de Paris. Certains ont déjà été détruits. Le mécontentement prend de l’ampleur. Il faut prendre le chemin du retour à laraison.  Les citoyens doivent pouvoir dormir tranquilles, assurés que les élus respectent leurs décisions plutôt que de n’en faire qu’à leur tête, assurés que leurs enfants pourront courrir sur des stades sanctuarisés, à l’ombre des grands arbres vénérables.

Pour la gare de la Rapée, c’est la même chose. Certes moins fréquentée et pour cause, elle est pratiquement un musée naturel oublié, un témoin du récent passé industriel de la capitale. Elle a la particularité, sans entretien, de rester à une température constante : il n’y fait ni froid ni chaud. Y planter des champignons mettrait Paris à l’abri de la famine en cas de grêve des transports. Il y a de la place : on peut également y développer des activités bruyantes, propres à la vie nocturne. De toute évidence, ce lieu a vocation culturelle. Mais on ne doit pas en détruire un seul mur, car cela aurait pour conséquence d’augmenter la température naturelle. À priori, on n’a pas, aujourd’hui, les ressources pour transformer cet endroit au niveau de son potentiel, c’est à dire d’en faire quelque chose d’unique. Tout comme pour Léo Lagrange, il va falloir être humble, admettre qu’on ne peut pas faire mieux pour l’instant, et s’employer à transmettre l’objet en bon état aux générations futures.

Sanctuarisation, voilà un des aspects du combat commun au collectif Léo Lagrange et à IFSLL.

Ci-dessous, diaporama d’une visite de la gare de la Rapée, le 24 janvier 2015. Les commentaires ont été revus et corrigés. À l’époque, et nous nous en excusons, nous n’avions pas encore réalisé que nous partagions le même but : dire non au projet destructeur de la municipalité du 12ème arrondissement de Paris… La gare de la Rapée et le stade Léo Lagrange ne méritent pas d’être détruits, quels que soient les prétextes.

Hubert Szymczak
Vice-président IFSLL

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